Essai Philosophique (Au Fil du Temps)
Dans toute pensé, toute réflexion, il y a toujours une place réservé à l'inconnu, ou aux entités qui nous est impossible de dominer. Et dans ce monde, beaucoup de chose nous échappe. Et là où le contrôle nous est interdit, on cultive notre impuissance. Le temps en fait partie. Il est une puissance insaisissable qui pèse sur nos actes et nos pensées, il joue en fait le rôle d'épouvantail au sein de notre vie. Il est à la fois, le gardien de nos souvenirs, l'authentification de notre vécu et l'espoir d'une vie meilleur.
Le temps est le fil avec lequel notre ego tisse notre destiné.
(écrit en 2007)

Le Passé (mémoire évanouie de l'ancien temps)
Je me pose toujours la même question… comment faire pour retrouver son passé ? Mais a trop se poser de question, on y rencontre l'erreur. A trop rencontrer l'erreur, on fait sien la déception. Et la déception, c'est la souffrance. Et il n'est pas bon de ressasser son passé dans la souffrance.
Mais a trop penser, on en néglige le temps… on oublie… et la vérité nous fuit. Il arrive alors une grande silhouette. Une vieille femme à l'aspect rude qui avance par grands pas pressés et qui empoigne l'instant qui se présente à elle, d'un geste vif, comme pour s'approprier avec hâte ce qui été venu, et rencontrer empressement ce qui est destiné à venir. Elle possède un regard riche en enseignements et un visage aux traits, plus que marqués. Les formes de son visages se creusent, à chaque instant que cette femme dévore avec appétit le présent qui la défie. Puis, tout en se retournant, elle me demande… si cela fait longtemps que je me tient ici. Je lui répond que oui, elle juge que cela fait bien longtemps. Elle me présente alors ces mains marquées et me donne un instant perdu de ma vie. Et je sens le frisson glaciale de la stupeur raidir ma chair. Cet instant est la mémoire évanouie de l'ancien temps. L'instant qui nous fait cadeau d'une expérience personnel. Il nous estime de sa candeur et nous offre de vaincre la vieillesse. En son sein, assurément, nous ne mourront pas et vivrons éternellement. A jamais nous marcheront à ses côtés, tant que son pouvoir reste sempiternel auprès des nôtres. Quant à ceux qui spirituellement épuisés et sans espoir, ne pourront survivre à leur passé. Il leur offre de vaincre la vie dans le présent, comme une seconde chance à leur mémoire déchue. Leur vie ne sera plus pathétiques et vides de sens… du sens, il va leur en donner. Les instants morts de leur mémoire, nous donneront vie. Ne l'oubliez jamais et respectez leur sacrifice… mon sacrifice… votre sacrifice... notre vécu.
Il est jubilatoire de se sentir tout puissant de pensé, mais parfois il est douloureux de comprendre. Peut être ignorez vous le sens de ce qui précède l'instant que vous vivez à présent. Moi, je l'ai bien saisi. Il est l'immortalisation de l'immense cadeau que nous fait la vie chaque jour. Un monde virevoltant où le souvenir exerce son règne, en tant que roi indiscutable. Des images… des quantités d'images, si pauvres en clarté et si riche de sens à la fois, qui font des cendres de l'instant présent, les vestiges inestimables de notre histoire passée. La vieille dame s'en va alors en chantonnant : « nous ne nous reverrons plus mon ami… ami des cieux qui se promène… nous ne nous reverrons plus ! ».
Cette femme usée n'est plus là, à mes côtés. Elle me suit d'une vue lointaine et d'un pas prudent. Elle m'épaule quand je ne vais pas bien. Et lorsque je me retourne, elle me sourit. Elle reste là-bas, à surveiller ma progression dans les couloirs de l'expérience. Elle pourrait venir me tenir la main, me guider, mais elle ne le fait pas car elle a trop peur de trop s'approcher du présent.
Le Présent (monde cruel)
Tout ce qu'il faut savoir du présent, c'est que c'est une guerre qui ne prend jamais fin. Un chant de bataille où les cadavres s'entassent et le sang s'accumule. C'est une course contre la montre. Un combat pour la vie. Et pour un œil non averti, le berceau de ces nombreux conflit semble aussi mort que la surface de la lune. Le lieu est hostile et n'offre que peu d'espoir. L'instant est trop pénible, alors on bondit sur son avenir afin d'apaiser ses souffrances… en vain.
Le présent est le futur du passé. Le théâtre d'innombrables batailles à venir, où chaque combat est une porte ouverte vers son être intérieur. Les voies du combat sont multiples, et toutes n'impliquent pas la brutalité du poing. Certaines des batailles les plus dévastatrices se livrent dans le silence… et se gagnent avant que le premier coup ne tombe. Quand un regard sans merci poignarde l'ennemi à l'âme… éveillant un frisson plus glacé que son pire cauchemar. Ou quand un geste anodin terrasse toute forme de riposte… laissant jouer la frustration de toute son agilité maligne. Alors on écrase les autres, parfois pour le respect, souvent pour le pouvoir, toujours pour la survie…
Saisir le présent, c'est se détacher de sa personne et embrasser le monde d'une vision globale. Voir ce qu'on refuse de voir et penser ce qu'on se refuse de penser… afin de dire ce qu'il nous est interdit de dire ! Aujourd'hui, satisfait de l'instant présent, on célèbre autant le folklore que le miracle économique qui a transformé le monde. Ce soir, les gens qu'il faut remercier pour cette métamorphose, reçoivent en grandes pompes, tout le gratin. On est venu seulement sur invitation. Il y a assez de gardes du corps pour mater cette armée de pique-assiettes. Et on palabre de chose creuses, en oubliant les intérêts de l'humanité.
Qu'est ce que le folklore ?
C'est en fait la diversité qu'on peut rencontrer en ce monde : Le couple d'amoureux assis en terrasse de ce café, à siroter des sodas et à se dévorer des yeux. Mais aussi cette jeune fille, dont une mine antipersonnelle vient d'arracher les deux jambes sur lesquelles, elle tient à peine depuis six pauvres années.
Et le miracle économique dans tout çà ?
Et bien, ce sont les sodas que déguste le couple. Boissons de renommé internationale, installées dans les hautes sphères du marché de la consommation. Qui font crever de soif les uns et enrichissent les autres. C'est aussi cette mine militaire, financé par le budget d'un état meurtrier, commandité par une société coupable. Une arme dévastatrice visant à rétablir l'ordre mondial. Qui supprime les vies innocentes des uns et fait l'autorité et le contrôle des autres.
Vous voyez, moi aussi je peux parler de choses et d'autres, tout en pointant un doigt accusateur sur qui bon me semble… Mais ne suis-je pas aussi coupable ? Qui doit on blâmer ? Est-ce qu'un jour, le monde, tout entier, se regardera fixement dans une glace et acceptera qu'il est la source même de tout les problèmes qu'il essaie de résoudre désespérément. Aurais-je un jour, le courage de me dire, au plus profond de moi-même, que je suis une pourriture ? Malgrés l'immensité et l'arrogance de mon ego… pourrais-je un jour, m'avouer que toute cette merde vient aussi de moi ? Nous connaissons tous nos raisons et les motivations qui nous ont poussé à normaliser nos actes les plus cruels et nos pensées les plus malveillantes. Pourquoi ne changeons nous pas ? Pourquoi n'apprenons nous jamais ? Continuons donc de nous voiler la face à chaque fois que nous croisons le regard, plein de fierté, qu'arbore notre culpabilité, cachée derrière les grands principes de toute une société.
Voila ce qu'est le présent !
Pas besoin de philosopher pour savoir ce qu'est ou de quoi est fait notre présent. Il suffit de regarder autour de nous. Et de constater tout le mal qui parcourt et accompagne notre vie. Mais je me demande si tout cela est vrai. L'avenir ne sera-t-il fait que de cadavres et de destructions ? Est-ce déjà trop tard ? Je me demande en effet, si l'humanité court bel et bien à sa perte.
Le Futur (chemin multiple vers l'avenir)
Je me pose toujours la même question… comment faire pour saisir son futur ?Mais à trop se poser de questions, on y rencontre l'erreur. A trop rencontrer l'erreur, on fait sien l'échec. Et l'échec, c'est le désespoir. Et il n'est pas bon de côtoyer son futur dans le désespoir.
Mais a trop penser, on en néglige le temps… on rêve… et la réalité nous échappe. Il arrive alors une grande silhouette. Un jeune homme à l'aspect fragile qui avance par petits pas continus et qui se tient courbé sous le poids de la vie qui s'accumule sur ses épaules, symbole de son expérience, en mémoire du fardeau à traîner. Il possède un visage sombre et un regard plein d'espoir. Les traits de son visages se métamorphosent à chaque seconde et se muent en de multiples facettes cachées. Puis, tout en se retournant, il me demande… si cela fait longtemps que je me tiens ici. Je lui répond que c'est le cas, il juge alors que cela ne fait pas assez. Il m'emmène sur un chemin inconnu, au multiples directions. Et je sens la souffrance grimper sur les escarpements de mon courage. C'est le chemin vers l'avenir. Est il plus douloureux de savoir que ce chemin me mène vers l'éternité ou que ce chemin est éternel ? Je suis ici et je n'ai qu'une conviction : Je suis ici pour l'éternité. L'éternité est faite d'instants. Être dans l'instant, c'est être dans l'éternité…et l'éternité, c'est l'inconnu. Que dois je faire pour en sortir ? Trouver l'instant où j'ai commis une faute… et la corriger. Comment ? En parcourant les chemins du passé. En sondant chacun de ces longs moments qui m'ont mené ici. Voila comment perdre ma réflexion dans ce long voyage vers l'avenir. Puis le grand bonhomme s'en va en chantonnant : « on se reverra, je ne sais pas où, je ne sais pas quand, mais je sais qu'un jour on se reverra ! ». Mon voyage peut commencer.
Et les voyages commencent tous par un premier pas. Mais c'est toujours le plus difficile. Et beaucoup d'entre nous, ne font jamais ce premier pas. Car le futur est là pour nous éprouver ou nous emmener haut. Le futur est imprévisible, il est donc source de peur. Car le futur tourne le dos au passé pour marcher vers l'avenir. Une par une, ses enjambées pénètrent et gravent leurs empreintes dans le présent. Des marques permanentes et immuables qui nous rappellent chaque jour, pourquoi nous foulons ce sol avec autant de facilité.
Mais tout les voyages finissent aussi par un dernier soupir. Malgrés cela, il s'avère être toujours le plus libérateur. Et beaucoup d'entre nous, sont toujours en train de soupirer. Car le futur est là pour nous endurer ou nous emmener bas. Le futur est parfois une voix facile vers un avenir noir, il est donc parfois source d'échec. Le futur tourne le dos au passé, mais le passé a une main sur son épaule. Une par une, ses griffes compriment notre pensé et l'affublent de profonds témoignages. Des témoignages intenses et intemporels qui nous rappelle chaque jour, d'où nous venons et ce qui fait de nous, ce que nous sommes aujourd'hui.
Cette grande silhouette est de nouveau là, à mes côtés. Autour de nous, vole le substrat du temps déroulé en rubans, froissés et déchirés aux extrémités, passé poussiéreux et futur naissant s'enlacent. Les années peuvent être des mois, les mois des semaines, les semaines des jours, les jours des heures et les heures des instants, ces instants mêmes, des éternités. Il est impossible de savoir combien de temps marchera encore le futur qui se tient à nos côtés et qui nous devance à jamais. Mais en parcourant ce chemin, fait d'éternité, je comprend alors… ce qu'est le futur.
Le futur, c'est l'ascension d'un escalier infini. Ici, à gravir des marches, qui sont toutes semblables… mais chacune est unique. En montant encore et encore, on a l'impression de répéter un même geste, que l'on a déjà fait des dizaines, voir des centaines de fois. Alors qu'en fait on ne l'a jamais fait. Car à chaque nouveau pas, on foule une nouvelle marche, d'une nouvelle façon. Ce qui nous donne l'impression de répéter notre acte, c'est qu'on ne cesse jamais de gravir ces marches. Hors, chacune de ses marches est un instant particulier, chacune nous pose une question et nous offre des réponses. Mais en gravissant ses escaliers, on sait que l'incertitude est notre seule certitude. Car nous montons sans savoir ce qui nous attend en haut des escaliers.
Le futur, c'est le courant d'une rivière a flot. On nage dans l'eau, qui nous parait harmonieuse… mais chaque gouttes qui la compose est singulière. On embrasse avec fierté ce courant qui nous apporte sans cesse cette eau tourmentée, convaincu que nous nageons dans un seul et même flot. Alors qu'en fait, on ne se baigne jamais dans la même eau. Pas même, celle que nous venons de caresser à l'instant et qui s'en va sous nos yeux, remplacé par un autre amas de gouttes fines. Ce qui nous donne l'impression de côtoyer un bain uniforme, c'est que nous ne cessons d'être en contact avec l'eau. Hors chacune de ces gouttes qui nous frôle est un instant particulier, chacune d'elles nous pose une question et nous offrent des réponses. Mais en plongeant de nouveau dans ce bain, on sait que l'illusion est notre seule conviction. Car on nage sans savoir quand le courant nous emportera.
Article ajouté le 2007-06-18 , consulté 101 foisCommentaires
flo le 08/07/2007 à 14:39:47
oohh mais tié complétement jobastre toi !
MaXxX site : MaXxXLyriXxX.blog4ever.com | le 08/07/2007 à 14:42:57
oohh tia vu un peu! et çà t'étonnes! lol
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