Ecriture Fantastique: La Quête des Anciens

En parcourant les lourds cahiers dans lesquels je stockais lors du collège, tout mes écrits, je suis tomber avec surprise, sur un tas de petits fragments d'imagination. Je me souviens de la plupart de ces oeuvres, ce furent les débuts de ma soif d'écriture. En voici quelques extraits.

(écrit en 2004)

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(Sujet présenté a un concours d'écriture nationale dont je ne me souviens plus le nom. Mon travail a été reçu puis classer parmis les 150 premières places, je n'ai pas la position exacte de ce travail dans le classement, car je ne m'en soucié pas.)

 

La Quête des Anciens

 

¤La Requête du Miroir¤

  

 

(illustration par Sandrine Gestin)

 

Simon m'avait donné rendez-vous au coin d'une rue obscure. Sans un mot, il me poussa dans l'entrée d'un vieil immeuble de brique. Je montai à sa suite les marches vermoulues. Au quatrième étage, Simon frappa trois coups à une porte qu'il ouvrit avant d'y être invité.

Dans la pénombre de la pièce, je ne distinguais tout d'abord que le chat, roulé en boule au pied d'une table ronde. Un léger toussotement me fit sursauter. Alors, je le découvris, debout prés de la fenêtre, enveloppé dans un grand peignoir de soie. Il avait toujours les mêmes cheveux blancs, les mêmes yeux bleus emplis de malice.

-Mais non, gémis-je.

C'était la première fois que je revoyais mon grand-père depuis qu'il était mort, onze mois plus tôt.

-Assieds-toi, me dit Simon en posant une main sur mon épaule. On va tout te raconter, me lança t-il, avec une légère intonation de doute dans la voix. Après un court instant d'hésitation, il se reprit. Ou plutôt « on » va te raconter… Et lentement, d'un geste sereinement contrôlé, il fit un amalgame de gestes sifflant dans l'air, le tout rythmé par les battements de mon cœur, qui faisaient danser des étincelles d'émotions en moi. Ce concert magique était bien plus impressionnant à la vue, des filets de poussière scintillante, des bancs entiers de lucioles, des torrents de lave en fusion… de la pure et simple magie blanche s'offrait à mes yeux et je restais là, comme si elle m'enlaçait dans ses bras réconfortants, telle une mère sécurise son enfant après un mauvais cauchemar. J'étais emprisonné par ce bien être.

Mais soudain… Un éclat lumineux d'une intensité fulgurante implosa dans la pièce… L'aveuglement, la cécité totale, le néant.

 

Tout autour de moi redevint alors visible, j'étais déstabilisé par cette complicité de la vivacité et de la surprise, derrière lesquelles, la magie aimait souvent se dissimuler. Mais le spectacle dont je venais d'être victime n'était rien par rapport au paysage qui se présentait devant moi à présent. Je pouvais voir, ou plutôt percevoir, une vision de désolation, d'horreur et de dégoût. Ce paysage glauque et morne, baignant dans l'obscurité de ténèbres indescriptibles, me fit frissonner d'effroi. La peur et le doute commençaient à grignoter mon esprit comme la peste, ils dévoraient chaque parcelle qui leur faisait rempart pour atteindre leur sombre dessein. « Peur », le mot était plutôt faible. Les principales sources de cette terreur étaient face à moi, me défiant. Une horde de corbeaux noirs, symboles de la mort elle-même, étaient perchés sur un arbre en piteux état, comme si la malédiction des corbeaux l'avait frappé. Et la seconde source, de loin la plus inquiétante, se dressait devant moi tel un épouvantail. Un homme, d'une trentaine d'années, revêtant une robe avec une large capuche, ornée de coutures que je ne saurais décrire, se présentait face à moi. Il était plus que mystérieux, le visage plongé dans la pénombre que lui offrait sa capuche, il m'épiait de ses yeux invisibles. Je devinais son regard diabolique, ce qui me fit détourner le mien, m'apercevant ainsi que Simon était à mes côtés. La rencontre de nos deux regards ranima une émotion vive qui m'insuffla le courage nécessaire pour ne pas hurler. Je pris alors mon courage à bras le corps et je décidai d'adresser la parole à l'inconnu qui me faisait affront.

-Qui êtes-vous ? Quel est votre nom ? Bégayais-je.

Lentement, il leva la tête, laissant apparaître une barbe brune et des yeux ruisselant de gentillesse et de confiance.

-Un nom n'est pas intéressant, je suis anonyme,

mon nom n'est pas important, ce n'est pas ce qui m'anime.

Ici, de tels épithètes, n'ont aucune valeur,

nul besoin de ces choses qui t'entête, et qui ne viennent pas du cœur.

Mais je t'accorderais un nom, si tu le souhaites,

qu'il t'inspire ou non, je ne suis pas poète.

Je me nomme MaxaM, miroir de la monotonie,

gardien des âmes, je veille sur l'utopie.

Sa voix était angélique et envoûtante. Simon posa sa main sur mon épaule pour la seconde fois, ce qui me fit sursauter de peur et de surprise. –Il a ramené ton grand-père à la vie, c'est un patriarche du conseil des anciens. L'un des plus mystérieux de tous. Il est le reflet de notre monde, me souffla Simon dans le creux de l'oreille.

Et c'est à ce moment précis que je compris ce dont cet homme était animé. « Un miroir », cet homme était un véritable miroir, ma pensée en fut convaincue lorsque je vis la signification des mots cousus sur sa capuche. Celui qui attira mon attention était la partie cousue en or car le reste, cousu en argent, n'était que très peu visible. Il y était écrit « Rions noiR », un palindrome ! Criais-je intérieurement, un mot miroir…

J'étais fasciné mais je n'étais pas ici pour mettre à l'œuvre ma réflexion sur l'identité d'un homme aussi mystérieux et compliqué qu'un puzzle d'un million de pièces. Une question me torturait l'esprit depuis un bon moment déjà : -Pourquoi avoir délivré mon grand-père de la mort, son destin ?

MaxaM plissa les yeux comme s'il cherchait la réponse dans ceux du jeune mage. –Si tu voyais ce que je vois…

Tu exprimerais les mêmes faits que moi.

Tu pleurerais là où la vie succomba.

Et tu seras amené à livrer le même combat.

Dans la bonne ou la mauvaise voie.

Vous lutterez contre des choses sans foie ni loi… 

Vous lutterez contre le vile et le sournois.

Vous lutterez ton grand-père et toi…

Ces paroles étaient claires, mais encore incompréhensibles pour mes jeunes douze ans en tant que mage. La sensation de ne pas pouvoir éluder ces énigmatiques propos, me donnait un amère goût de frustration. Je brûlais d'envie de pouvoir déchiffrer ces tournures savantes qui me serviraient, sans aucuns doutes, de clé dans cette longue quête qu'est la sagesse.

Simon, devinant ma détresse, s'approcha une seconde fois de mon oreille comme pour traduire le message de MaxaM : -Il a délivré ton grand-père de la mort car vous devrez, tout les deux, accomplir une requête du conseil… il hésita, regarda MaxaM, qui restait de marbre, avant de continuer. Le miasme continue de progresser sur nos terres, il les ravage. Vous devrez rapporter une perle de cristal aux anciens pour qu'il puisse rendre la vie à l'arbre monde, qui nous protégera. –L'arbre monde, Gaïa ? m'étonnais-je. N'est ce pas qu'une simple légende que l'on conte aux enfants ? –Hélas, non… soupira profondément Simon, d'un air désespéré. Il est bien réel, et c'est grâce à lui que nous survivons au miasme qui continu de pourrir nos terres.

J'allais de surprise en surprise, tant de choses que l'on m'avait cachées, à moi et à tant d'autres personnes. La colère grondait en moi. Les faits, dont on venait de me faire-part, n'avaient que pour effet de manifester mon mécontentement. –Pourquoi ne m'avoir rien dit ? Pourquoi moi ? Pourquoi grand-père ? Je… je… je ne comprends plus rien… Sanglotais-je, naïvement.

Et c'est à ce moment là que la grande silhouette de MaxaM se rapprocha. Arrivé à mes côtés, il posa un genou à terre pour se mettre à ma hauteur. Son visage, caractérisé par des traits appuyés comme pour montrer sa sagesse, était apaisants et réconfortants. Son regard vif et pénétrant, vint calmer ma douleur. Il leva la main lentement, pour ne pas m'effrayer, et essuya mes larmes.

-Ne fait plus couler de larmes, et fait taire ta tristesse,

courage et volonté sont tes seules armes, car ils seront là sans cesse.

De cette dure quête périlleuse, où grondera le tonnerre,

Tu vivras des aventures fabuleuses, et tu reviendras fier.

Après ces quelques mots, que je compris avec facilité cette fois, il me fit cadeau d'un léger sourire, qui en disait long. Je décidai alors de me relever, ce qu'il fit également, après lui avoir rendu son sourire.

MaxaM hocha légèrement la tête à mon égard, puis à celui de Simon, comme signe d'Adieu.

-Il est désormais temps de partir, car je veille sur des vies,

La tache est lourde à accomplir, mais tu y parviendras, jeune érudit.

Dans un violent vacarme de croissements, les corbeaux se ruèrent sur lui. Je ne savais pas ce qu'ils leur prenaient et une nouvelle fois je sursauta de peur. A sa portée, ils se matérialisèrent en une vague étouffante de… plumes noires. Des ondes d'un noir étincelant commençaient à émaner du corps de MaxaM. Les plumes rejoignirent ce flux de magie noir pour s'unifier. Elles vinrent ensemble tourbillonner autour de l'ancien, dans un souffle surpuissant, avant qu'il ne disparaisse dans un éclat explosif, scintillant et cruellement noir. La tristesse s'empara alors de tout mon corps, suivant le conseil de MaxaM, je retins mes larmes qui manquaient de caresser mes joues encore froides.

 

Un chant étrange venait de faire son apparition. Simon et moi étions intrigués, ce chant de voix graves était bien plus qu'étrange. Nous furent alors stupéfaits, une autre situation inattendue se jouait de nos nerfs. L'arbre, à qui je ne donnais comme pour unique état la mort, se révéla, bien au contraire, parfaitement vivant. Ses yeux, d'un vert éblouissant, n'inspiraient aucune confiance. C'était la première fois de ma vie que je pouvais admirer un être sylvestre, un sentiment d'émerveillement et de peur à la foi, faisait battre mon cœur, décidément beaucoup sollicité durant ces derniers instants. L'expression de son visage devint alors grave et pleine de désespoir. –Bonjour chers amis humains, je n'ai pas le temps d'étaler une longue discussion car mon temps est désormais conté. J'ai tout entendu et je tiens à vous gratifier de l'aide de tout le peuple sylvain, nous sommes avec vous. J'espère que vous arriverez à sauver mon peuple de ce vil poison qu'est le miasme. Le miasme ne peut être détruit que par son créateur, réparer sa faute est indispensable pour le maintien de notre planète.

-Qu'entendez-vous par là ? demandai-je, intrigué.

-Tout le monde le sait, voyons. Par égoïsme, inconscience, obsession du profit ou encore hypocrisie, nous savons tous que c'est l'homme qui a contribué à l'apparition du miasme… et nous souffrons, nous souffrons tous de cette faute impardonnable. L'homme n'a jamais cessé de se prendre pour le maître de cette terre, considérant sa vie comme un jouet, entre ses sombres mains, elle s'est consumée petit à petit… pas à pas. Notre planète va mal… très mal. Expliqua lentement l'arbre.

Ces paroles me montrèrent, avec violence, que je baignais dans l'ignorance.

-Que dois-je faire pour remédier à ce poison… ? soufflai-je, encore sous le choc de la dure réalité.

-Il faut, jeune âme, que tu ailles rendre visite à notre maître à tous : Gaïa. Il te guidera habilement jusqu'à ton but. Je ne peu, hélas, t'en dire plus. Je me sens trop faible à présent, je suis habité par le miasme et je crois qu'il aura raison de moi d'ici peu. Bon voyage, jeune âme, que Gaïa te garde. Adieu.

De ces dernières paroles et d'un ultime soupir, l'arbre succomba sous une vague de flux mauve. Elle le recouvra entièrement et l'englouti. Etait-ce cela le miasme ? Ce dont je dois combattre ? Trop de questions me hantaient.

Ma quête ne venait que de commencer et je tremblais déjà sous l'enjeu et la responsabilité qu'elle me procurait… La quête des anciens commençait…

 

Page Annexe.

Index du vocabulaire.

 

 

Le miasme : Flux de magie noire issu des déchets magiques dispersés sur la terre. Formation de lambeaux maléfiques qui forment, eux même, une couche épaisse de concentration magique obscure. Quiconque s'en approche et rentre en contact avec, sera progressivement vidé de son fluide vital et de son fluide magique. Il n'existe toujours aucune protection efficace contre cette concentration de magie noire.

 

Une perle de cristal : Désignation donnée à l'ensemble constitué de :

*un récipient magique (le « cristal »), conservateur de magie blanche et seulement de celle-ci. Créé par les druides de l'ancien monde grâce, encore une fois, à la magie blanche.

*et d'un échantillon d'eau bénite (la « perle »), source de magie blanche, découverte par ces mêmes druides. Elle permet de redonner vie à une âme empoissonnée par un élément maléfique. Elle est également l'unique élément qui permet de garder l'arbre monde en vie.

 

L'arbre monde : Racine de la terre, également nommé Gaïa. Il est à l'origine de notre terre. Il permet de garder le fluide, magique est vital, de toute la planète constant et d'équilibrer les forces magiques et physiques. Il est l'arbre « monde » car sans lui, le monde n'aurait plus de protection, plus de vie. Il est mourrant depuis l'arrivé du miasme sur la planète.

 

Le peuple sylvestre : Peuple des arbres sylvains. Il existe trois sortes d'arbres sur notre terre : les Kislévistes (arbres centenaires, ayant donc la plus courte durée de vie de toutes les races, ils sont la source jeune des forêts, appelés aussi « les poumons de la forêt ».), les Baobois (arbres millénaires, ayant donc et au contraire, la durée de vie la plus longue de toutes les races, ils sont « les sages de la forêt ».) et les Sylvains (arbres les plus répandus dans une forêt, ils sont aussi appelés : « les arbres esprits » car ce sont les seuls à avoir des connaissances humaines, comme la langue, l'histoire de la terre, ou encore des notions de culture.). Tout ces arbres sont difficiles à distinguer les uns des autres. Cependant, les Kislévistes (de part leur jeune âge) sont reconnaissables par leur plus petite taille, en règles générales. Les Baobois, quant à eux, sont les plus grands et sont quasi indéracinables grâce à leurs énormes racines qui peuvent atteindre des dizaines de kilomètres de long. D'ailleurs, on suppose même que Gaïa serait un arbre Baobois… Pour ce qui est des Sylvains, ils sont de tailles moyennes et ils sont composés de plusieurs et diverses variétés, bien connues des humains, comme les chênes, les platanes, les sapins… etc..  

 



Article ajouté le 2007-03-14 , consulté 352 fois

Commentaires


Thomas Carnicer site : www.callofnemesis.com | le 21/08/2007 à 20:03:24
Voilà qui est très intéressant, comme texte!

Alors comme promis, un commentaire constructif et complet XD

Le début est vraiment accrocheur. Je sais bien que ce n'est pas quelque chose d'extraordinaire que de catapulter le lecteur dans un monde fantasy, mais tu le fait avec beaucoup de style!

Pour le reste, j'aime beaucoup le concept des propos sybillins de MaxaM. Reste cependant un petit bémol concernant le personnage pricinpal, qui, après douze ans de formation, ignore quelque chose d'aussi gros...

Mais après, ne connaissant pas le monde dans lequel tu le fait évoluer, je ne suis pas sûr que ce soit un terrible problème.


Par contre, si c'est un texte que tu as écrit au collège...
Je crois qu'on va pas êt' potes ! lol
Je suis pressé de lire tes autres écrits, surtout si celui-ci est de tes débuts!
damien site : www.lesgratte-papiers.com | le 27/03/2008 à 12:17:34
Salut ! Je propose un jeu d'écriture gratuit à tous ceux qui aiment écrire et je vois que tu en fais partie. Principe très simple et chaleureux : chaque dimanche, un gratte-papiers me propose un thème que je redistribue, et j'attends les textes des volontaires pour le dimanche suivant. Les écrits sont ensuite diffusés sur mon site, que je t'invite à consulter. N'hésite pas à me contacter si le concept d'intéresse. Amicalement, Damien le gratte-papiers.

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