Nouvelle: Ange Déchu sur le chemin du Diable (Partie 3: chapitres 9 à 12)
On est arrivé devant chez Andrew après une demi-heure de route.
- Ok John, on se voit demain au bureau.
- Après cette journée, je crois que je vais prendre un bon jour de repos.
- Ouais, je le prendrais bien aussi, passes à la maison si tu te fais chier.
- Ok cow-boy, j'y penserais. Reposes toi bien et prend soin de ta copine.
Andrew ouvra la portière et s'extirpa de la voiture. Il appuya un coude sur la portière ouverte et l'autre sur le toit, pencha la tête.
- Merci pour tout à l'heure, je suis content de bosser avec toi. J'aurais péter les plombs si tu n'avais pas été là. Un long moment de silence s'installa, nous nous sommes regardé les yeux dans les yeux. Mais j'avais horreur du silence.
- Bon écoute petit morveux, j'ai rien fait, c'est tout dans ta tête. Arrêtes çà, tu vas me faire chialer. Ce même silence s'invita une seconde fois. Andrew eu un sourire mesquin.
- Ouais et j'aime pas chialer. Maintenant dégage petit mal élevé.
- Vieux con !
- Ouais c'est çà, dégages avant de prendre ta fessé !
Il ferma la portière en laissant son rire sortir naturellement. Je ne fit que sourire, il faut dire que la journée m'avait bien remué. T'as raison petit con, moi aussi je suis content de faire équipe avec toi. Tu m'as beaucoup aidé cette nuit mais tu ne le sais pas. Merci Andrew, merci pour tout.
Chapitre 9 : Un Aller pour l'Enfer.
Je suis rentré chez moi, épuisé. J'ai ouvert la porte d'entrée et je me suis traîné jusque dans le salon. Il était huit heures du matin. J'avais la tête en coton, les membres en aciers. Mes paupières étaient lourdes, très lourdes. Le plus pénible de mes efforts ne fut pas celui de poser mes affaires sur la table, mais celui d'enlever mes chaussures. Ces deux boulets enfermant de tout leur poids, ce qui essayait de me porter dans toute la maison. Un coup vif sur le talon, et voila, j'étais enfin libéré de ma prison. La chambre était trop loin, je dormirais sur le canapé, comme pour toutes les autres fois. A peine allongé que mon cerveau était déjà éteint, aussi vite qu'une bougie que l'on souffle. Après une lourde sieste de quatre heures, je me suis réveillé. J'avais entendu des bruits de vaisselle dans la cuisine. Cela devait être ma femme. Je me suis levé pour lui dire bonjour et prendre, à l'occasion, deux trois trucs dans le frigo. Elle était là, en train de ranger des assiettes, le geste nerveux et agressif. Elle m'aperçut et me fixa du regard. Un regard si intense qu'il aurait percé mon gilet pare-balles. Ses yeux conservaient une puissance rare, on aurait dit les feux de l'Enfer. Je tendis le bras et fit un léger signe de la main, conscient d'être dans l'état d'un homme au réveil, c'est-à-dire horriblement décoiffé, complètement démembré et quasiment aveugle. Bref, je sentais bien que j'étais ridicule. Elle me fixait toujours puis elle croisa les bras, adopta la position typique d'une personne qui va demander des comptes, exiger des explications. Son comportement fit tomber mon bras. Je décrocha un sourire, forcé et dénué de toute sincérité, car j'avais bien compris la future trame de l'histoire et cela ne m'enchantait pas. Je sortis une bouteille de lait fraîche, ferma la lourde porte du frigo, et m'appuya sur elle.
– Ecoutes, je ne veux pas en reparler, c'est un sujet qui est clos. Je me souviens de ma promesse, je ne l'ai pas oublié.
- Te souviens-tu au moins, que tu as une femme John ?!
Sa phrase fut aussi vive que la manière dont elle sortit de la cuisine. Mes sourcils se froncèrent, mes capteurs nasaux se dilatèrent, mon odorat m'avait encore frappé. Elle portait sur elle, une odeur, un parfum d'homme, qui n'était pas le mien. Le doute s'installa, mais temporairement, il n'était pas prudent et d'autant plus stupide de tirer des conclusions hâtives sur cette donnée. Mon point d'appui se transféra de l'épaule jusqu'au dos. Une tension puissante monta progressivement jusqu'à bouillonner, bouillonner encore et encore. L'index et le pouce de ma main droite vinrent instinctivement pincer la base supérieure de mon nez, tout en frottant légèrement les extrémités intérieures de mes yeux. Une pointe chaude perça mon cerveau, une aiguille chauffée à blanc pénétra mon esprit. Ma tête s'apprêtait à déverser un torrent de lave en fusion. Puis la colère éclata, venu du plus profond de mes entrailles, elle frappa le haut de mon front. Mes ongles pénétrèrent la pomme de mes mains, ma mâchoire comprimait mes dents et ma tête cogna la porte du frigo à plusieurs reprises. La colère passa et laissa place au calme… et à la migraine. Je reconsidéra la bouteille de lait, ouvrit la porte et la remit dans le frigo, au profit d'une bouteille de whiskey. Le désir de l'oubli et plus fort que le plaisir de l'ivresse. Les armes de l'esprit et le cœur tombèrent, le whiskey et les larmes coulèrent à flot, l'alcool et le mal s'engouffrèrent dans mon corps et mon âme. J'étais plus bas que terre…
J'étais en Enfer.
Chapitre 10 : Lamentations Infernales
Tu ne sais pas le mal que tu m'as fait, tu l'ignores, mais il est bien réel. C'est un mal concret que je ne peux me résoudre à lutter. Ton seul regard m'arrachait des larmes de peine, d'effroi et de honte. Tes mains souillaient mon âme de toute leur pureté. Et ton soupir, éclatait par mépris pour moi, comme pour me rappeler l'éternité de ma souffrance. Tu es un mal profond dans mon esprit, mon âme et ma chaire. Tout le mal dont peut souffrir et que peut endurer mon être. Tu es l'incarnation du mal. Tu entends ?! Un concentré de malveillance, une pensée monstrueuse, une perpétuelle pourriture qui corromps le monde. Tu n'es pas le mal, non. Puisque le Diable, lui-même, te craint. Tu es le Chaos, le Néant, la dernière parole de Dieu sur terre. Mais tu n'es pas le pardon, la rédemption ou la création. Tu es pire que tout cela. Une chose inexprimable qui s'anime au-delà de nos frontières intellectuelles. Un concept indéfini, une idée, pire, un symbole. Je t'ai perdu dans la nature, petite sotte, tu ne sais pas ce qui t'attend. La proie n'échappe jamais aux griffes du prédateur, car il en dépend de sa survie. L'instinct animal est la plus noble des armes de chasse et la plus grande preuve de vie.
Désormais je jure, devant les Cieux et les Enfers, que je vouerais mon existence à ta seule souffrance, celle-là même que tu m'as fait endurer.
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~Il me dit que ces si lents Cieux n'ont rien de méchant~
Et que mes chants n'ont rien de silencieux.
(Audition)
Il me dit que le nez sent la puanteur
Et que la puante heure est naissante
(Odorat)
Il me dit que Dieu n'est pas maudit
Et que les mots dits n'ont pas d'yeux.
(Vision)
Il me dit que le sal est l'amer
Et que la mer est salé
(Goût)
Il me dit que mes dix doigts sont adipeux
~Et qu'il n'a pas dit « peut » mais dit « doit ».~
(Toucher)
L'essence (les sens) de ma Fatalité.
Chapitre 11 : Eternelle Monotonie.
Le réveil de John fut dur, très dur. La lumière dérangeante et la monotonique mélodie de son biper commençaient à lui taper sur les nerfs. Il le saisit d'un geste vif, l'observa un bon moment pour en décrypter le message. Puis il le posa délicatement sur la table. Il se redressa sur le canapé, péniblement. Soudain, il sentit une lourde compression pesant sur son crâne, témoin qu'il essuyait une belle gueule de bois. Il prit sa tête des deux mains, se leva et marcha jusqu'au téléphone. Sa conduite n'était pas droite et régulière, en raison des quelques milligrammes d'alcool qui subsistaient encore dans son sang. Elle ne fût pas facilité non plus par le parcours d'obstacle, auquel il était soumis, un champ de mine construit de cadavres de bouteilles de bières et de whiskey. La salle était étrangement obscure, il tourna son regard vers la fenêtre et constata qu'il faisait nuit. Il avait inconsciemment perdu le fil, son obsession l'avait emmener jusqu'à sa déroute mais cela ne l'étonnait pas, il l'avait déjà vécu des centaines de fois. Dans son infinie marche vers le téléphone, John eu le temps de regarder sa montre -qui affichait dix-neuf heures trente sept-, d'asseoir l'idée qu'il avait totalement loupé sa vie et de se fracasser brutalement le petit doigt du pied droit sur le rebord de la commode. John, la mâchoire crispée, leva la tête au ciel, ferma les yeux, inspira une grande bouffé d'air par le nez et porta son pied droit à ses mains puis à son attention. Une fois la douleur passée, il continua sa marche. L'humeur de John était électrique, mais pas aussi foudroyante que le regard, empli de haine, qu'il avait adressé à la commode quelques instants auparavant. Il prit le téléphone, comme s'il était déterminé à tourner la page de cette lamentable soirée, et le porta à son oreille. Après un léger soupir, il tapota calmement sur les touches, puis soupira à nouveau.
- …
- Allo John ? j'ai pas eu de nouvelles de la journée, tu vas bien ?
- Comme sur des roulettes mon grand, juste quelques petites douleurs.
- Bon, je suis content d'entendre çà. Il parait que les légistes qui sont passé après nous, ont trouvé quelque chose d'intéressant sur le lieu des crimes. Il va falloir faire une petite virée nocturne. Tu me suis ?
- Bien sûr que je te suis, vieux frère. On se retrouve là bas dans une demi-heure.
John posa le téléphone doucement. Il passa la main verticalement, sur toute le partie droite de son visage puis horizontalement sur sa bouche, tout en collant son autre main sur sa hanche. Il força pour plisser les yeux et souffla brusquement une gerbe d'air, comme si la discussion qu'il venait de terminer lui avait ôté toutes ses forces.
Andrew finissait un grand gobelet de café lorsqu'il vit John descendre de sa Ford noire de fonction. Il faisait froid alors il se pressa de le rejoindre, les mains gantées et jointes. Ils se contentèrent, tout deux, de se taper mutuellement sur l'épaule pour se saluer et enfin, ils entrèrent dans l'immeuble lugubre qui leur avait servi une bien drôle histoire lors de leur dernière rencontre. La température s'était adoucie mais les longs imperméables et les écharpes, dont ils étaient tout deux vêtus, restaient indispensables. L'intérieur était toujours autant sinistre et insufflé une atmosphère glauque à tout ce qui se, et s'était passé, ici. Les souvenirs de la nuit dernière les hantaient encore. Ils montèrent à l'étage d'un seul et même pas, déterminé et confiant.
- Putain, je me sens mal dans cette maison. A chaque fois que je rentre ici, j'ai l'impression d'être un inconnu qui vient de nulle part, un con sans passé, ni futur. Elle me méprise cette baraque bordel. Même cet abruti de miroir a l'air de me dire : « Hey, d'où tu sors toi ? T'es pommé ? ».
- Toi, t'as passé une sale journée, mais c'est cool si tu arrives à communiquer avec les objets.
- Ouais, j'adore les meubles en ce moment, je me suis même fait une copine à la maison…
Andrew n'avait pas saisi ce que voulait signifiait le message de John, masqué derrière l'ironie. Un officier de police leur fit face, s'écarta et leur indiqua la direction du bras. Ils entrèrent d'un même pas, têtes basses. Ils suivirent l'agent qui les précédait, d'une courte longueur. Ils arrivèrent au long couloir, puis à une porte. L'agent s'effaça du chemin des deux officiers. Andrew ouvrit la porte et passa le seuil, John le suivit.
La pièce était petite, quatre murs, pas de fenêtre. Il y avait un lit, un bureau et une grande armoire. La lumière infrarouge qui émanait de trois lampes, permettait de développer la soixantaine de photos, suspendues en linge par cinq cordes d'étendage. John et Andrew hésitèrent quelques minutes avant de s'avancer, prudemment. Andrew, comme d'habitude, menait la marche en prenant l'initiative. John marqua un temps, le vieux brisquard resta non loin de la porte, veillant sur le jeune intrépide. Andrew arriva à la hauteur des photos, qu'il commença à regarder. John, insupporté par la lumière rougeâtre, préféra presser sur l'interrupteur et allumer sa lampe torche. Andrew, surpris par l'action de John fit un léger sursaut, avant de secouer la tête en direction de son compère, accompagné par un doux soupir.
John s'attarda sur le bureau, car il l'intriguait plus que tout les autres éléments de la pièce réunis. Il était simple, banal et pratique. Il y avait un cendrier avec les restes d'un cigare cubain, un stylo plume et son encrier débordant d'encre, des feuilles en pagaye. Une trentaine de petit cahiers étaient rangés sur le bureau, appuyés à l'armoire. Une petite dizaine de bougies allumées ornaient le meuble, en y apportant un certain romantisme par une légère lumière tamisée très agréable. Une croix du Christ retourné, était clouée au mur. Une peinture dérangeante, quoique magnifique, surplombait le bureau. C'était une belle brune, ténébreuse, très réaliste et très légèrement vêtue de cuir, qui pleurait. L'obscurité qui dominait l'œuvre, s'estompait avec la vivacité colore des larmes, qui coulaient et s'écrasaient habilement sur le buste, les mains et les pieds de la fille. En effet, elle pleurait à grosses gouttes…
…à grosses gouttes de sang.
Chapitre 12 : Comme pour fuir le Diable
Ce soir, je me suis levé, péniblement. La chambre d'hôtel sombrait dans un calme religieux et côtoyait l'obscurité avec beaucoup d'élégance. J'ai regardé avec stupéfaction, le sang sec sur mes mains, éclairées par le clair de lune. La couleur pourpre se refléta dans mes pupilles puis mon regard vint se transcender, il le faisait toujours à la vue du sang. Mâchoire serrée et bouche, lourde de salive, je dégusta un peu de ce sang humain pour goûter son amertume et ainsi estimer sa richesse. J'ai quitté mes vêtements humides, je me suis introduit dans la salle de bain, sans l'éclairer. Calmement j'ai allumer la douche et j'ai admiré la pureté du filet d'eau qui venait s'écraser sur les dalles. - C'est si beau l'eau, si innocent. Une remarque en apparence anodine, mais porteuse d'un sens caché qui me fit alors sonder mon âme comme par comparaison. – C'est si beau, si innocent… Si beau, si innocent. Ma peau s'est raidie, pénétrée par un frissonnement, mélange de dégoût et de fatalité. L'eau symbole de la nature. Une densité harmonieuse d'une clarté vierge et d'une pureté sans égal. Mon âme pouvait elle en dire autant ? Mon seul soupir suffisait largement à une réponse formulée. Il était évident que Lucifer était en train de ricaner dans son royaume en entendant ce flot de pensés. - Sois fier mon père, je veille à ta satisfaction. Ma main massa mon cou tendrement, d'un toucher poisseux, du fait du sang séché. Mais la douche devenait alors une jouissance, qui signait la renaissance de ce corps souillé. Puis après avoir jeté un dernier coup d'œil dans la glace, pour constater les dégâts affichés sur mon corps, je me suis placé sous le jet d'eau afin de laisser son ruissellement me caresser.
L'eau chaude aimait frapper légèrement le haut de mon crâne. Glisser le long de mon buste et de mes jambes. Se faufiler dans le creux de mes hanches ou dans les pores de ma peau brûlante. Quant à moi, j'aimais saisir l'exaltation de la température corporelle, accrue de cinq à sept bon degrés. Sentir la fatigue, accumulée durant les derniers jours, assaillir mon esprit. Plonger ma main dans mes cheveux trempés, livrer mon visage au fouet de cette pluie vivifiante. Lier mes mains afin d'en sculpter un petit bassin, rempli d'eau, que je me jetais à la figure. Un pur moment de bonheur, le cœur commençait à s'essouffler lentement et laissait la respiration s'allonger. Mon ventre imposait fièrement son lourd volume d'air avant de le recracher calmement, offrant ainsi une magnifique chorégraphie de vagues abdominales. Ce moment de chaleur et d'humidité était mon moment préféré pour étirer mes muscles, affligés d'épuisement et ceinturés de crampes.
Comme il est bon de se sentir libre et seul, dans un entier moment d'intimité. J'ai dressé mon bassin vers le ciel afin d'apaiser mon dos courbaturé. J'ai éteint la douche. J'ai attrapé une serviette. Je me suis essuyé et je l'ai enfilé autour de mon bassin. Je me suis longuement épié dans la glace, à la recherche d'un possible indice de ce qui s'était passé. Rien, mon corps était impeccablement net de propreté. Il manquait plus que cette vilaine barbe que je coupa en trois coups de rasoir, prolongé d'une petite rincette à l'après-rasage, qui me désinfecta la peau d'une brûlure implacable. J'ai enfilé un débardeur noir simple, un pantalon à pinces assorti avec de légères rayures grises foncées. Mon parfum était le même depuis une dizaines d'années mais il déchaîné mon ardeur comme au premier jour. Fier de la classe de mon pantalon, je posa la chemise appropriée sur mes épaules. Je redressa le col qui piquait désormais en direction du ciel. Puis je constata mon allure dans une position sobre, face au miroir. - Tu as le charme du Diable mon garçon. Costume démoniaque, parfum diabolique. Vas donc à la chasse aux anges ! semblait dire une voix intérieure. – Oui mon père, j'y veillerais toute cette nuit. Lucifer voyait naître la malice qui courait dans mes yeux et il s'en frottait déjà les mains.
Je sortis de la chambre, en regardant une dernière fois le sang sec dans mon lit avec appétit. Je traversa la suite, couvert par l'anonymat de la nuit, sans être inquiété par ce qui se présenté devant moi, caché dans le noir. Et j'en ferma la porte d'entrée.
Il faisait froid, mais j'aimais çà. L'air était glacial mais la chemise et le débardeur étaient toujours de saison pour moi. Les fines gouttes de la pluie froide, n'avaient rien à envier à celles d'une bonne douche brûlante. J'étais heureux, j'étais bien. Je porta ma main à ma bouche pour la faire glisser sur mes lèvres, et c'est là que je découvrit avec étonnement, qu'il me restait en effet, une goutte de sang séché sur l'index. Le déluge venait finir sa chute sur ce faible corps qu'était le mien. Et l'eau frappait fort lorsqu'elle venait mourir sur de la tendre chaire. L'eau est une beauté sainte, elle est pure, mais elle n'a rien de noble. Le sang, lui est noble. Le sang chaud, symbole de la vie qui s'écoule goutte à goutte. Ce sang, si bien agrippé à l'épiderme, qui finit par se détacher de ma peau pour s'écraser sur les pavés et s'échapper discrètement dans les canalisation. Comme pour fuir le Diable. J'ai alors penché la tête à gauche, puis à droite pour détendre mon cou, muselé dans son col humide. Et j'ai regardé cette dernière goutte de sang s'échapper, avec un air amusé. J'ai fait un léger signe de négation de la tête, sourire aux lèvres et tout bas, je me suis dit :
Tu crois vraiment m'échapper durant toute la nuit ?
©copyright 2007 Maxime Labarre


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